Scan 195
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1Nous avons lu dans un ancien ouvrage italien que les artistes crémonais employaient de préférence un bois nommé Azarole(?). Ce bois provenait du Tyrol. Nous donnons cette indication telle que nous l'avons trouvée et sans avoir pu la contrôler. Ce qui est certain, c'est que les anciens luthiers apportaient un soin extrême dans le choix de leurs bois; qu'ils se réservaient presque toujours ceux qui avaient cru sur des coteaux exposés au midi, qui présentaient des ondes bien parallèles, sans nœuds et sans courbes; enfin, qui étaient exempts de ces taches rougeâtres qui dénoncent l'humidité et laissent deviner la mollesse des fibres. Toutes ces qualités sont assez difficiles à rencontrer; elles exigent, dans tous les cas, un coup d'œil exercé (1).
3(1) « Les luthiers emploient ordinairement du sapin du Tyrol ou de la Suisse: Il me semble que la préférence accordée au bois de ces contrées n'est pas tout à fait fondée; il me paraît d'une densité trop uniforme; il a seulement l'avantage d'être travaillé très facilement, et c'est peut-être ce qui lui fait donner la préférence sur les sapins de notre pays. J'ai fait plusieurs violons en sapin des Vosges; il réunit tous les avantages quand il est bien sec et qu'il n'a pas été flotté; dans toutes mes expériences, je l'ai toujours trouvé supérieur au sapin de Suisse. »
5(F. SAVART, Mémoire sur les instruments à cordes et à archet. Paris, 1819.)
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