Scan 55
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1ment marqué, que si la matière pouvait être immortelle, on serait tenté de croire que ce progrès s'étend à l'infini.
3C'est donc, d'une part, à cette qualité suprême, croissante et durable, de l'autre au jeu brillant et expressif de l'Archet, ainsi qu'à l'étonnante facilité avec laquelle il nuance, note par note, tous les tons, même dans la plus grande vitesse, que le Violon est redevable de toute son énorme supériorité; le Violon, ce roi des instruments, le soutien de nos voix, le besoin de nos symphonies, l'âme de nos concerts, le régulateur de nos danses, l'aimant de nos spectacles, le charme de nos cercles, le chef-d'œuvre des corps sonores et dans son genre, l'ultimatum, le nec plus ultra de l'industrie humaine, comme il est, pour ainsi dire, en vertu de son adoption, l'enfant gâté de la nature; le Violon, cet instrument distingué qui fait classe à part dans l'échelle commune, et reste seul au degré qu'il occupe; d'autant plus intolérant qu'il est incomparable, ne pardonnant la médiocrité qu'aux continuels efforts du musicien pour s'en affranchir, et à la perfection duquel rien ne manque, absolument rien, sinon les deux mains et l'âme d'un Orphée; le Violon, si uni, si simple dans son mécanisme; si fécond, si vaste dans ses effets; si varié, si prodigieux dans son étendue; d'un style si pur, d'une élégance si suave, d'une
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