Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 57

Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869

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1d'un art si intéressant est un fait plus facile à observer qu'à expliquer et à comprendre.
3Le temps n'est pas encore très-éloigné où, plus graves que prestes, et marchant terre à terre, des musiciens en perruque promenaient lentement leurs doigts lourds au bas du manche des Vio- lons et n'avaient ni la pensée, ni la puissance de s'émanciper au delà. Ce défaut d'idées et de moyens était un double préservatif contre la dangereuse tentation de s'évertuer à des essais, comme l'imprudent Icare. Qui sait si, en punition d'un effort contre nature, les cieux vengeurs n'eussent pas frappé subitement, comme d'un coup de foudre, leur main audacieuse, et si peut-être quelque dislocation incurable, triste fruit de la licence, ne les eût pas mis hors de combat? Aussi le seul tour de force qu'ils se permettaient de loin en loin, et il était prodigieux, consistait à donner l'ut sur la chante- relle par la simple extension de l'auriculaire. On les attendait avec malice ou frayeur à cette petite pirouette, à ce saut périlleux. Certains auditeurs, qui connaissaient d'avance les morceaux à exécuter, disaient tout bas, aux approches de la terrible note : Gare l'ut! et ouvraient la bouche pour mieux juger. Plus que tout autre le joueur était sur les épines et suait sang et eau. S'éga- rait-il dans ce tortueux labyrinthe, des trépigne-

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