Scan 58
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1ments, des huées, des sifflets faisaient justice de la témérité. Son industrieux petit doigt avait-il par hasard l’indicible bonheur d’attraper justes, c’étaient également un tapage à tout rompre, des bravos, des bis sans fin, et toutes les mains de claquer et de battre.
3Qu’on imagine la grande révolution qu’eussent opérée dans cet empire tout neuf d’un plainchant musical, traîné lourdement sur un diminutif de Violon, nos Amphions de 1800, les Viotti, les Rode, les Kreutzer, les Bailleul, etc., etc., apparaissant tout à coup avec leurs concertos et leurs Violons dans les cercles ou sur les théâtres. Quelle stupeur! quels ravissements! quelle électricité universelle! Sans doute on les eût pris pour des dieux descendus sur la terre; ou, si on les eût regardés comme de simples mortels, leur étrange familiarité avec les positions les plus scabreuses, la sûreté de leur intonation, la richesse de leur musique, le brillant et le fini de leur jeu, les écarts, le vol rapide de leurs doigts aériens dans des espaces jusqu’alors inconnus, eussent décidé à l’instant de leur apothéose.
5Étonner et charmer, provoquer l’enthousiasme et l’emphase, enivrer momentanément la raison même la plus sévère, désordonner pour ainsi dire les sens et des hommes et des dieux, Divumque hominumque voluptas, telle est donc
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