Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 83

Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869

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1maudits colifichets une maturité précoce, sans s’embarrasser si par cela seul qu’ils vieillissent artificiellement les tristes nouveautés de leur façon, ces baroques instruments presque mort-nés ne vont pas peut-être expirer subitement au sortir de leurs mains. Ils faussent les épaisseurs pour singer le vieux et subtiliser l’ignorance; or cette falsification préméditée et réduite en système est au physique une monstruosité et au moral un brigandage.
3D’abord, c’est tromper la nature. Si dans son intention le violon doit prodigieusement acquérir, et que, par le fait de l’ouvrier, il coure rapidement à sa dissolution, elle vomit sur l’œuvre et frappe l’artisan de ses anathèmes. Tandis qu’il lui répond du soin de la fabrication, elle se réserve donc celui de la maturité; ou si elle s’en décharge, du moins en apparence, ce n’est pas sur lui, dispositiveur des matériaux, mais sur le temps, qui à cet égard est son commissionnaire, et que tout l’art du monde ne suppléera jamais. Diminuer à dessein dans l’intérieur du coffre les épaisseurs obligées, c’est donc avancer méchamment, comme en serre chaude, la maturité du fruit, avec la certitude acquise de sa fausse saveur et de sa prompte putréfaction; c’est faire avorter le son et le tuer dans son propre germe; or, cet empiétement sur les droits du temps, cette

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