Scan 84
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1singerie meurtrière de la cupidité est précisément ce que j'appelle un outrage à la nature : premier grief.
3Secondement, en tirant à faux sur le passé au préjudice certain de l'avenir, le cupide luthier qui dénature exprès les vraies épaisseurs sait très-bien en son âme et conscience que les données en cette matière sont consacrées par les usages et par les règles ; qu'un instrument neuf exige une certaine âpreté de sons qui ne doit disparaître qu'à la longue ; qu'ainsi un Violon d'un jour de facture avec un son de cent ans, exposé en vente et surfait en conséquence de cette qualité factice et transitoire, est un piège tendu à la bonne foi par la coquinerie, et qu'enfin ce Violon hâtif, mûr d'un siècle avant terme, n'aura tout au plus d'intéressant que la séduction momentanée de la primeur, et tombera bientôt en deliquium. Ainsi il se joue insolemment des chalands trop crédules, qu'il rançonne de gaieté de cœur, et à qui il fait payer, en vrai arabe et sur le pied de la perfection même, des dégradations pitoyables, des Violons de contrebande, des joujoux d'un jour, qui seront presque nuls pour les acheteurs et totalement perdus pour leurs héritiers, tandis qu'il vivra fort à son aise aux dépens des uns et des autres : filouterie, second grief.
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