Scan 85
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1Certes, si nos ancêtres s’étaient avisés d’une aussi indigne rubrique, leurs chefs-d’œuvre, que nous admirons tant aujourd’hui, eussent péri avant eux. Mais ils avaient trop de probité pour miner les fondements du son et spéculer sur ses ruines, trop d’amour-propre pour immoler sans pudeur à un sordide intérêt, à une hypocrite rapprocité, leur gloire et leurs ouvrages. Autre temps, autres mœurs. Quant à ces provinciaux falsificateurs de Violons, qui apparemment ne se piquent pas d’y regarder de si près, sans doute il leur faut quelque chose de plus substantiel que l’estime et de plus solide que la gloire. Le doux son des métaux précieux chatouille bien davantage les fibres de leur tympan que celui du sapin… Et puis au fond que leur importe? Les faux monnayeurs ne sont pas délicats; ils ne donnent guère dans la duperie des remords; leur morale est dans leurs outils: pourvu que leur fortune soit au titre, qu’elle pose sur une base immuable, fût-ce même, au besoin, sur les décombres de l’univers, ils la trouvent toujours de bon aloi. Avec elle et l’impunité, ils se consolent de tout le reste. Rem, rem, quocumque modo rem, voilà en cinq mots l’unique devise dont il paraît que leur conscience s’accommode à merveille.
3Ils n’ont pas, j’en conviens, les mêmes risques à courir, et les torts de leurs malversations com-
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