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Une famille de grands luthiers italiens. Les Guarnerius, 1909
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1tion des connaisseurs, et Delsart l’appréciait si bien qu’il le préférait même à son Stradivarius, et que c’est celui-là qu’il jouait toujours dans ses concerts. Il appartient aujourd’hui à l’un de ses meilleurs élèves, M. Pierre Destombes, qui l’a en très grande affection (1).
3Tous ces luthiers de la grande école crémonaise, artisans d’autant d’intelligence que de talent, doués d’un rare esprit de progrès et d’initiative, étaient des studieux et des chercheurs. Ils ne se contentaient pas de reproduire habilement, mais servilement, ce qu’ils avaient appris dans l’atelier où s’était faite leur éducation. Tout en suivant et en respectant les excellents principes de l’enseignement qu’ils avaient reçu de leur maître, tout en se conformant et en obéissant à ces principes, ils s’efforçaient de les étendre, de les améliorer, de chercher la perfection soit dans la forme générale à donner à l’instrument, soit dans les détails si délicats de sa construction, soit dans la nature et le choix des bois à employer, soit enfin dans la composition et l’application du vernis, de façon à obtenir les meilleurs résultats tant en ce qui concerne les qualités acoustiques de cet instrument, l’étendue, le velouté et la puissance de sa sonorité, qu’en ce qui touche l’ensemble de son aspect extérieur, son élégance et sa beauté. Tous, les Amati, les Guarneri, les Rugeri, les Montagnana, etc., concoururent pour leur part à cette perfection, atteinte enfin par le grand Stradivarius, que nul n’a pu dépasser et qui reste par excellence le maître des maîtres.
5(1) Lorsque M. Destombes concourut pour son premier prix, en 1897, son maître Delsart lui proposa de lui prêter pour le concours un de ses deux instruments, lui laissant le choix entre le Joseph Guarnerius et le Stradivarius. Tous deux firent divers essais, répétant successivement avec l’un et l’autre, et finalement, après beaucoup d’hésitation, optèrent d’un commun accord pour le Guarnerius.
7Voici l’attestation que M. Destombes tient, au sujet de ce très bel instrument, de MM. Chardon père et fils, les excellents luthiers : — « Nous certifions que le violoncelle que M. Destombes a soumis à notre examen est un instrument fait par Joseph Guarnerius, fils d’André, de Crémone (Italie). L’étiquette marque la date de 1709. Ce violoncelle a le fond d’une seule pièce ; le bois est du peuplier, ainsi que les éclisses ; la table est en très bonne qualité de sapin, les pores bien égaux ; la tête est en bois de hêtre. Le vernis de l’instrument est bien pur, et sa couleur est marron. Ce violoncelle est bien du maître en question, dans toutes ses parties. — Paris, 21 Avril 1908. Chardon et Fils ».
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