Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 212

Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860

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1que son ouvrage fit une vive impression sur les musiciens, et qu'on nomma l'auteur en Allemagne le restaurateur de la fugue; mais la vérité est que cette production n'eut aucun succès, et que les planches, gravées en 1803, chez Steiner, se retrouvèrent trente-huit ans après à peu près intactes chez son successeur Haslinger.
3L'existence de Reicha à Vienne était très-heureuse: la composition et l'enseignement lui fournissaient des ressources suffisantes pour ses besoins, qui furent toujours peu considérables; mais la guerre de 1805, l'invasion de l'Autriche et l'occupation de Vienne par l'armée française, vinrent porter atteinte à son bien-être. Les approches d'une guerre nouvelle, vers la fin de 1808, le décidèrent à s'éloigner de Vienne et à se fixer à Paris, où il arriva au mois d'octobre. Il y retrouva des amis, et l'exécution d'une symphonie de sa composition dans un des concerts du Conservatoire, rappela sur lui l'attention publique. Il s'y livra à l'enseignement de la composition, et sa manière expéditive, qui consistait à n'entretenir ses élèves que de choses en usage dans la musique de son époque, particulièrement dans le style instrumental, lui fit beaucoup de partisans qui, se persuadant qu'il n'y avait pas autre chose à apprendre pour posséder une connaissance réelle de l'art d'écrire, trouvaient cette méthode plus commode que toute autre. De la la réputation de musicien savant et de grand professeur dont Reicha commença à jouir en 1812, et qui grandit encore après la publication de son Traité de mélodie, en 1814. Si l'ignorance de toute littérature musicale n'avait pas été complète alors en France, ce livre aurait dû cependant porter atteinte à la confiance dans le savoir de l'auteur. Il suffit de lire les premières lignes de la préface pour acquérir la preuve que Reicha n'avait pas même pris la peine de s'informer de ce qui avait été fait sur le même sujet: « Depuis plusieurs siècles, dit-il, on a publié une quantité de traités sur l'harmonie, et pas un seul sur la mélodie! » Il ajoute plus loin, dans une note: « Sulzer et Kirberger, deux auteurs allemands d'un mérite très-distingué, l'un dans son Dictionnaire des beaux-arts, et l'autre dans son Traité de composition, ont parlé du véritable rythme musical (mélodique); mais ce qu'ils en ont dit ne regarde que sa définition et son utilité. Quant à ses lois, à ses exceptions, à ses secrets, etc., tout exigeait des recherches suivies et bien liées qu'on n'y trouve point. » Or, laissant à part l'excellent discours de Doni Sur la perfection de la mélodie (1), et le livre de Nichelmann: Die Melodie nach ihren Wesen sowohl als nach ihren Eigenschaften (la Mélodie d'après sa nature et ses qualités) (1), où le sujet est considéré simplement sous le rapport esthétique, on trouve, environ quatre-vingts ans avant la publication du livre de Reicha, celui de Mattheson intitulé: Kern melodisches Wissenschaft, etc. (Base d'une science mélodique, consistant dans les principes naturels et fondamentaux de la composition, etc.) (2), et plus tard la première partie du grand ouvrage de Riepel (3), qui est un traité complet du rythme musical; la seconde partie du même ouvrage (4), qui renferme une bonne théorie de la modulation; le traité de la composition du chant, par Marpurg (5), où le rythme-mélodique est traité de main de maître; les deux derniers volumes de l'Essai d'une introduction à la composition, de Koch (6), qui renferment un bon traité de mélodie sous ses divers aspects; enfin, le rythme mélodique avait été traité ex profeso dans le livre du P. Sacchi (Della divisione del tempo nella musica, nel ballo e nella poesia), dans celui de Bonesi (Traité de la mesure, ou de la division du temps dans la musique et dans la poésie), et en dernier lieu dans le Cours complet d'harmonie et de composition, de M. de Momigny (7). Reicha était d'autant moins excusable de n'avoir pas pris connaissance de ces ouvrages, que la plupart sont écrits dans les langues allemande et française, qui lui étaient familières. A l'égard de son livre en lui-même, on peut dire qu'il est imparfait, en ce que l'auteur n'a considéré son sujet que sous un seul aspect, celui du rythme de la phraséologie mélodique, et n'a pas même entrevu les lois de la mélodie sous les rapports de tonalité, de modulation, d'harmonie et d'esthétique. Bien inférieur aux livres de Mattheson, de Riepel et de Koch à cet égard, il laisse encore à faire un bon traité de la mélodie.
5La réputation de savant professeur qu'on avait faite à Reicha le fit choisir, en 1817, pour succéder à Méhul, en qualité de professeur de contrepoint dans le Conservatoire de Paris, récemment réorganisé sous le titre d'École royale de
7(1) Tome II de ses Œuvres, pag. 303 et suiv.
8(1) Dantizck, 1758, in-4°.
9(2) Hambourg, 1787, in-4°.
10(3) Anfangsgründe zur musikalischen Setskunst (Éléments de la composition musicale); Ratibonne, 1788, in-fol., réimprimé en 1784.
11(4) Grundregeln zur Tonordnung (Règles fondamentales du système des tons); Francfort et Leipzig, 1787, in-folio.
12(5) Anleitung zur Singcomposition (Introduction à la composition du chant); Berlin, 1758, in-4°.
13(6) Versuch einer Anleitung zur Composition; Rudolstadt et Leipzig, 3 vol. in-8°, 1789-1795.
14(7) Paris, 1806, 3 vol. in-8°.

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