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Scan 232
Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860
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1REISSIGER
3bons ouvrages exécutés par d'habiles artistes. Avant de quitter Vienne, il se fit entendre avec beaucoup de succès dans un concert donné au théâtre de la cour : il y chanta un air de basse de Haendel, et exécuta un concerto de piano de sa composition. Artaria et Steiner publièrent alors quelques-uns de ses ouvrages.
5Au mois de mai 1822, Reissiger quitta Vienne, pour se rendre à Munich, dans le but d'y continuer ses études, sous la direction de Winter : il y déploya une activité digne des plus grands éloges. Une messe qu'il acheva dans cette ville, et une ouverture composée sur un thème de cinq notes que lui avait fourni Winter, lui valurent l'amitié de ce maître : le succès de ces œuvres fut si grand, que l'intendant du théâtre royal chargea Reissiger de la composition de l'ouverture, des entr'actes et des chœurs de la tragédie de Néron, qui furent vivement applaudi à la représentation. L'ouverture a été publiée peu de temps après, chez Breitkopf et Härtel, à Leipzig. Après avoir terminé cet ouvrage, le jeune compositeur partit en toute hâte pour cette dernière ville, où l'appelait la maladie de Schicht, son maître et son bienfaiteur. Au mois de mai 1823, il arriva à Berlin, où quelques nobles familles, qui s'étaient cotisées pour assurer son existence, l'accueillirent comme un fils. Avant son départ de Munich, Winter avait fait arranger pour lui le poème de Didon, opéra de Métastase, dans la forme moderne, mais au moment où il allait le faire représenter, le théâtre de la cour fut réduit en cendres. Reissiger se livra au travail, à Berlin, pour perfectionner son ouvrage, puis il envoya sa partition à Weber, qui fit représenter l'opéra au théâtre royal de Dresde : il y fut joué trois fois avec succès. Les protecteurs de Reissiger obtinrent pour lui du roi de Prusse un subside pour faire un voyage en Italie, et le ministère le chargea de recueillir des notes en France et en Italie concernant l'organisation d'un Conservatoire, qu'on avait le dessein d'établir à Berlin. Reissiger partit de cette ville, au mois de juillet 1824, et prit sa route par la Hollande pour se rendre à Paris, où il arriva au mois d'août. Il y resta jusqu'au mois de février 1825 ; mais le placement de quelques-uns de ses ouvrages chez les éditeurs de musique de cette ville lui permit de suffire aux dépenses qu'il y fit. Dans son voyage en Italie, il visita Turin, Gênes, Milan, Florence, Bologne, Rome et Naples. Après un séjour de quatre semaines dans cette dernière ville, il retourna à Rome, où il fit la connaissance de l'abbé Baini ; puis, au mois d'octobre 1825, il retourna à Berlin en visitant Padoue, Venise, le Tyrol et Vienne. Il avait écrit à Rome un opéra intitulé : Der Ahnenschätz (Le Trésor des aieux), dont l'ouverture brillante eut à Dresde un succès d'enthousiasme ; mais l'opéra lui-même ne fut jamais représenté, parce que le livret avait trop de ressemblance avec celui de Freischütz.
7A Berlin, Reissiger fut chargé de dresser le plan d'un Conservatoire de musique sur une grande échelle, pour les États prussiens. Ce projet obtint l'approbation d'une commission nommée par le gouvernement ; cependant il n'a pas reçu son exécution. Son auteur fut désigné, dans le même temps, comme professeur de l'Institution musicale dirigée par Zelter. Au mois d'octobre 1826 il fut appelé à La Haye pour y organiser le Conservatoire qui y subsiste encore. De retour à Berlin, il y reçut sa nomination de directeur de musique à Dresde en remplacement de Marschner, qui venait d'être appelé à Hanovre. Là il dut déployer une activité extraordinaire, car indépendamment de la direction de la musique de l'Opéra allemand, on lui donna aussi celle de l'Opéra italien, pendant une maladie grave de Morlacchi. Les preuves de talent qu'il donna dans ces doubles fonctions lui firent accorder par le roi de Saxe, en 1827, le titre de maître de chapelle, dont la place était devenue vacante par la mort de Weber. Dans cette même année, il écrivit une messe solennelle, et Yelva, mélodrame en trois actes, qui obtint un beau succès dans toute l'Allemagne. Libella, opéra romantique, reçut aussi à Dresde le meilleur accueil, en 1828. Il fut suivi de Die Felsenmühle zu Etalieres (Le Moulin du rocher), qui jouit de la faveur publique à Dresde, à Leipzig, à Berlin, à Breslau, à Copenhague, et dont les journaux ont fait l'éloge. Le Turandot, autre opéra du même auteur, a eu aussi beaucoup de retentissement en Allemagne : toutefois les critiques de ce pays ont considéré le talent du compositeur comme plus remarquable dans la musique religieuse que dans le style dramatique. Dans ces derniers temps il s'est aussi essayé avec succès dans la symphonie. Son nom jouit en Allemagne d'une estime méritée, quoiqu'on ne puisse le classer parmi les compositeurs de génie dont les productions font époque dans l'histoire de l'art.
9Parmi les principaux ouvrages de cet artiste, on remarque les suivants. 1. Musique dramatique : 1° Das Rockenweibchen (La Petite Fileuse), opéra-comique, à Vienne, 1821. — 2° Didone, opéra italien, à Dresde, 1823. — 3° Ouvertures, entr'actes et chœurs de Néron, tragédie, à Munich, 1822. — 4° Der Ahnenschätz (Le Trésor des aieux), opéra composé à Rome, en 1825. — 5° Yelva, mélodrame en trois actes, à Dresde,
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