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Scan 437
Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860
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1Scarlatti était âgé de trente et un ans lorsqu'il fut chargé de la composition de l'opéra intitulé l'Onestà nell'amore, qui fut représenté au commencement de l'année 1680, dans le palais de Christine, reine de Suède ; mais il est peu probable que cet ouvrage soit le premier qu'il ait écrit pour le théâtre, et tout porte à croire qu'il avait déjà de la renommée lorsque Christine le choisit pour composer l'Onestà nell'amore. L'auteur d'une notice sur l'Opéra, insérée dans le Magasin musical de Cramer (deuxième année, p. 668), dit que Scarlatti donna, dans la même année, un autre opéra, à la cour de Munich ; mais le catalogue authentique des opéras représentés sur ce théâtre, depuis 1657 jusqu'en 1788, publié par Lipowsky, à la suite de son Dictionnaire de musiciens bavarois (p. 425 et suivantes), prouve que cette assertion est erronée, et qu'aucun opéra de ce maître ne fut joué à Munich avant 1731. Son voyage à Vienne est aussi peu vraisemblable. Toute cette période de la vie de ce grand artiste est obscure ; toutefois, on peut conjecturer qu'il ne s'éloigna pas de Rome après la représentation de l'Onestà nell'amore, car au livret du Pompeo, joué au palais royal de Naples, le 30 janvier 1684, et dédié au marquis de Carpio, vice-roi, Scarlatti prend le titre de maître de chapelle de Sa Majesté la reine de Suède. Depuis cette date jusqu'en 1693, on ne trouve aucun renseignement sur sa vie ; mais dans cette année, il écrivit l'oratorio I Dolori di Maria sempre vergine, pour la congrégation des Sept Douleurs, à San Luigi di Palazzo, et l'opéra Teodora, joué à Rome. On ne peut mettre en doute que plusieurs opéras de Scarlatti n'aient été produits dans l'intervalle des neuf années écoulées depuis 1684 jusqu'en 1693 ; mais on n'en connaît pas les titres. C'est dans Teodora que Scarlatti donna le premier exemple du retour au motif principal des airs après la seconde partie : c'est ce qu'on appelle le da capo. Cette forme fut adoptée dès lors par tous les compositeurs et conservée pendant plus de soixante ans. Une autre nouveauté, plus importante encore, parut dans la Teodora. Jusqu'alors le récitatif n'avait eu d'autre accompagnement que la basse, qui le soutenait sans interruption ; Scarlatti y introduisit l'orchestre, coupa les transitions par des ritournelles, et donna naissance à ce qu'on appelle improprement le récitatif obligé. A l'égard de l'accompagnement des airs, au lieu de leur faire suivre le chant en harmonie plaquée, il lui donna un dessein particulier, lorsqu'il le jugea convenable, et par sa vivacité, évita la langueur et la monotonie.
3Christine étant morte en 1688, Scarlatti était resté sans autre emploi que celui de compositeur pour le théâtre et pour l'église ; il paraît qu'il accepta, quelque temps après, la place de maître de la chapelle royale de Naples, car c'est ce titre qu'il porte dans le livret de l'Odoacre, opéra de Legrenzi dont il avait refait quelques airs par ordre du vice-roi, et qui fut représenté au théâtre San Bartolomeo, de Naples, le 5 janvier 1694. On trouve une preuve de la modestie de cet homme illustre dans un avertissement au lecteur de ce livret : Les airs refaits par lui (dit-il) sont marqués d'un astérisque, afin que ses fautes ne soient pas préjudiciables à la réputation de Legrenzi, dont la gloire immortelle est pour lui l'objet d'un respect sans bornes. Pirro e Demetrio, représenté en 1697, à Naples ; Il Prigioniero fortunato, en 1698 ; et surtout Laodicea e Berenice, joué en 1701, mirent le sceau à sa réputation. C'est dans ce dernier opéra qu'il écrivit un air admirable, pour ténor et violon obligé, dont l'accompagnement était destiné à Corelli, qui en manqua les traits à la répétition générale. Cette aventure, et la difficulté de trouver de bons violons pour l'exécution de ces traits, décidèrent Scarlatti à refaire cet air, ainsi que plusieurs autres morceaux, lorsqu'il fit jouer cet opéra à Rome, en 1705. Je possède les deux airs sur les mêmes paroles : le second est fort inférieur au premier.
5Antoine Foggia, maître de chapelle de Sainte-Marie Majeure, devenu vieux eut besoin d'être secondé par un maître adjoint : Alexandre Scarlatti fut appelé à remplir cet emploi, le 51 décembre 1705, et devint premier maître au mois de mai 1707. Le cardinal Ottoboni lui avait déjà donné le titre de directeur de sa musique, ainsi qu'on le voit par le livret de son opéra Il Trionfo della libertà, qu'il fit représenter à Venise, en 1707. Il est vraisemblable que ce fut ce cardinal qui lui fit obtenir la décoration de chevalier de l'Éperon d'or. La conquête du royaume de Naples, qui avait été faite dans la même année, par l'empereur, sur les Espagnols, et le changement favorable dans le sort des Napolitains qui en fut la suite, paraît avoir décidé Scarlatti à reprendre ses fonctions de maître de la chapelle royale. Au mois de mars 1709, il donna sa démission de maître de chapelle
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