Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 438

Biographie universelle des musiciens et bibliographie génèrale de la musique, 1860

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1de Sainte-Marie Majeure, et retourna à Naples. Parmi les opéras qu'il y fit représenter, on remarque particulièrement Tigrane, représenté, en 1715, au théâtre San-Bartolomeo. Une note bien intéressante, placée après l'argument du drame, se trouve dans le livret; on y lit : Sei pregato a compatire con discreta moderazione quel difetti, che forse potrai conoscere nella musica, in considerando che ormai dovrebbe essere affatto stanco l'autore di più sudare in simili sceniche compositioni, delle quali col presente dramma viene a compire il numero di cento sei opere teatrali che ha posto in musica pel teatro di Napoli, ed altri teatri dell' Italia. Ainsi, en 1715, Scarlatti avait écrit cent six opéras, auxquels il en faut ajouter dix ou douze autres qu'il écrivit dans les années suivantes, plusieurs oratorios, et beaucoup de musique d'église. Il faut bien se garder de prendre à la lettre ce qu'il dit de la faiblesse de son Tigrane, où tout, au contraire, est d'invention. C'est dans cet ouvrage qu'il a composé son orchestre de violons, violes, violoncelle, contrebasse, deux hautbois et deux cors ; instrumentation sans exemple jusque-là. On y trouve un morceau avec accompagnement de deux violes et violoncelle solo, une autre avec deux flûtes, deux cors et deux bassons joints aux instruments à cordes; enfin, un air de la plus suave mélodie avec deux violons, viole et violoncelle concertants, basse et clavecin d'accompagnement. J'ai dit, dans la première édition de la Biographie des musiciens, que le dernier opéra de Scarlatti est la Caduta de' Decemviri, joué au théâtre San-Bartolomeo de Naples ; j'étais mal informé, car la partition de l'ouvrage, que je possède aujourd'hui, porte la date de 1706. Les traits de génie abondent dans cette partition. Tous les airs ont un caractère analogue aux sentiments exprimés par les paroles, et leurs formes ont une originalité saisissante. Plusieurs ont une partie de violon solo avec deux violons d'accompagnement. Au second acte se trouve un air d'expression touchante accompagné par une violetta (alto) seul, avec violoncelle obligé et basse seule sans clavecin; ce morceau, rempli d'harmonies et de modulations hardies, est d'une beauté achevée. Les compositeurs de l'époque actuelle se sont persuadé qu'ils sont les inventeurs des parties de premier et de second violons divisées en deux chacune ; mais Scarlatti avait usé de cet effet plus de cent vingt ans avant eux, car l'air du premier acte de cette partition, Ma, il ben mio, che sù? est accompagné par quatre parties de violons, d'un effet admirable.
3Quanz vit Scarlatti en 1725 ; suivant ce qu'il en dit, ce maître aurait été alors âgé de soixante-quinze ans ; ce qui a fait remonter, par les biographes, la date de la naissance à 1650 ; mais Quanz s'est trompé, car Scarlatti mourut le 24 octobre de la même année, à l'âge de soixante-seize ans, ainsi que le prouve l'inscription suivante, placée sur son tombeau, dans la chapelle de Sainte-Cécile, à l'église des Carmes de Monte-Santo :
5Hic situs est
6Eques Alexander Scarlactus
7Vir moderatione beneficentia
8Pietate instans
9Musices instaurator. maximus
10Qui solidis veterum numeris
11Nova et mira suavitate
12Mollitia
13Antiquitati gloria
14Posteritati imitandi spem ademit
15Optimisibus regibusque
16Apprime curas
17Tandem annos naturae LXXVI extinxit.
18Summo cum Italian dolore
19IX Kal. Novembris CIC ICCCXXV
20Mors modis flecti nescia
22Tour à tour chargé de l'enseignement dans les Conservatoires de Sant' Onofrio, dei Poveri di Gesù Cristo, et de Loreto, Scarlatti eut pour élèves quelques-uns des artistes qui fondèrent la gloire de l'école de Naples, particulièrement Logroscino, Durante, et en dernier lieu Hasse. Les biographes qui lui donnent aussi pour élèves Leo et Pergolese se sont trompés ; car le premier eut pour maître Pitioni, de Rome, et l'autre, Gaetano Greco. Nul ne pouvait être plus digne que Scarlatti de diriger l'éducation musicale des hommes de génie produits alors par le royaume des Deux-Siciles. Audacieux génie lui-même, il unissait à la richesse, à la hardiesse de l'imagination, un savoir étendu, la pureté de style de l'école romaine, et l'expérience acquise par d'immenses travaux. Sa modulation, souvent inattendue, n'offre jamais de succession dont l'oreille soit blessée, et jamais, dans ce que cette modulation a de plus hardi, les intonations des voix ne sont difficiles : art que les Italiens seuls ont connu, parce que leur éducation commençait par l'étude du chant. Le marquis de Villarosa dit de Scarlatti (Mémoires, etc., p. 201) : « Mais quelle musique a-t-il laissée qu'on pourrait entendre au jourd'hui? Son style est grand et correct, mais son goût fut toujours sec, énervé et

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