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Scan 26
Dictionnaire des luthiers anciens et modernes, critique et documentaire — Tome additif (supplement), 1929
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1compte des multiples considérations qui entrent en jeu dans la détermination de la valeur commerciale d’un instrument. Un Stradivarius peut valoir vingt-cinq mille francs, tandis qu’un autre spécimen du même auteur atteindra le prix d’un million. Cet exemple permet de concevoir combien d’éléments entrent en jeu lorsqu’il s’agit d’attribuer une valeur à un instrument. Toutes proportions gardées, il en sera de même pour les ouvrages de chaque facteur ancien.
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5L’Avenir de la Lutherie et les Conditions de son Essor
7Les meilleurs canifs et les plus habiles vernisseurs peuvent en toute confiance, semble-t-il, donner libre cours à leurs travaux et déployer leur talent puisque les prix pratiqués à l’heure présente sont honorables. Nous pensons en outre, et nous nous en félicitons, qu’en raison de la faveur dont parait devoir jouir la lutherie moderne, il serait possible que nous revivions la brillante période connue vers la première moitié du siècle passé qui fut si fertile en ouvriers de grand mérite, grâce à l’influence qu’eurent à cette époque, en France et en Italie, des maîtres tels que Nicolas Lupot et Pressenda. Ces grands facteurs et une pléiade de leurs émules, dont les œuvres ont illustré le nom, admirateurs passionnés et respectueux des maîtres anciens, se sont inspirés avec un véritable culte de leurs merveilleux chefs-d’œuvre que l’on a copiés et que l’on copiera encore jusqu’à ce que se révèle l’inventeur d’un type d’instrument nouveau différend des autres par la forme, la beauté, et le rendement sonore.
9Notons à ce sujet un pas fait dans la réalisation d’un nouvel instrument à la forme nouvelle et primitive à la fois dû au compositeur hongrois Emmanuel Mohr. Cet instrument qui tient du Crouth, que jouaient les Bardes Gallois et Bretons au x° siècle — il n’y a rien de nouveau sous le soleil — aurait, dit-on, une intensité de son supérieure à celle du violon actuel ; mais on ne dit rien de son timbre.
11On sait cependant que quelques millimètres de plus au format de dimension normale, 35,8, peuvent augmenter le volume de son, mais par contre en changer légèrement le caractère qui va vers celui de l’alto. Pour cette raison, ces instruments dits « hors taille » ne sont pas en faveur et pourtant, à l’orchestre notamment, ils donneraient certainement un rendement supérieur.
13Peut-être en arrivera-t-on à n’admettre un jour dans certains orchestres que les violons ayant au moins 0.36… N’est-ce pas d’ailleurs pour cette raison que depuis longtemps les « Nicolas aîné » et autres « Mirecourt » qui font 36,2 et parfois davantage, sont considérés généralement comme bons violons d’orchestre ! Mais il n’y a encore rien d’absolu en ce qui concerne l’avantage, comme volume sonore, des violons de grandes dimensions, puisqu’on en trouve de petits formats qui leur sont nettement supérieurs à ce point de vue.
15On pourrait presque affirmer que, hors des règles établies il y a trois siècles, aucun perfectionnement n’est à espérer en l’art traditionnel de la lutherie. Toutes les inventions, tous les systèmes, brevetés ou non, tendant à l’amélioration de la sonorité en volume ou qualité, toutes ces recherches d’ailleurs fort louables, dont les
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