Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 27

Dictionnaire des luthiers anciens et modernes, critique et documentaire — Tome additif (supplement), 1929

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1auteurs ne se dénombrent plus depuis un siècle, n’ont rien fourni qui se soit imposé, qui ait été adopté, ni même retenu.
3Le violon a été à son apogée en un siècle. Seule la barre d’harmonie a subi quelques modifications, il y a longtemps déjà. Encore, celles-ci furent-elles souvent inutiles lorsqu’elles ne se sont bornées à la plus rationnelle des transformations consistant à lui donner plus de résistance en raison même de l’élévation du diapason et, comme conséquence, de l’augmentation de pression exercée par les cordes plus tendues.
5Le modèle, créé selon toute vraisemblance par Gasparo da Salo a été successivement perfectionné à cette époque par les Amati, Maggini et enfin Stradivari, qui en a établi le modèle type parfait. Mais, depuis lors, aucun changement utile n’a été apporté. A moins, donc, de créer sur de nouvelles bases un instrument nouveau surpassant ceux dus aux meilleurs facteurs des siècles passés, on ne saurait taxer que de manque de conscience professionnelle, sinon de mauvaise foi, quiconque prétendrait faire mieux alors qu’il se bornerait au plagiat.
7Le chemin tracé est facile à parcourir, on l’emprunte aisément puisqu’il est courant de reproduire, avec plus ou moins d’habileté, les modèles des vieux maîtres. Il existe pourtant un nombre respectable de docteurs ex-violon, soit disant révolutionnaires de la lutherie, qui en fait ne révolutionnent rien, puisqu’ils n’apportent aucune nouveauté de quelque utilité. On en trouve parmi les amateurs, et même, ce qui est plus grave, parmi les professionnels. Combien de luthiers prétendent avoir retrouvé le vernis ou la sonorité des Crémonais ! Passe encore pour les sincères qui en reconnaissent la valeur, mais d’autres, par une singulière inconséquence sous-estiment les ouvrages des maîtres dont ils se targuent d’avoir découvert les secrets.
9Combien de facteurs se prévalent de n’employer que de vieux bois jalousement conservés depuis près d’un siècle par le vieux maître de qui ils le tiennent ou débités dans une solive provenant de la démolition d’une charpente datant d’une époque reculée !
11Vincenzo Panormo lui-même, dit-on, fit des fonds avec un vieux billard en érable.
13N’est-ce point reconnaître implicitement d’une part la valeur acoustique des instruments des anciens auteurs et, d’autre part, les qualités recherchées dans les vieux bois, sains bien entendu, et qui font leur supériorité.
15Et quelle place occupe le vernis dans ce débat, surtout pour ceux qui croient voir en cet enduit la panacée universelle ! Le plus beau vernis appliqué sur un violon mal construit, sonnant mal, fera l’effet d’un cautère sur une jambe de bois Aussi, sans nier son importance certaine, son influence indiscutable sur la qualité et la portée de la sonorité d’un instrument bien conditionné, il n’en demeure pas moins que les efforts des chercheurs gagneront à se porter sur les problèmes acoustiques de la construction de la caisse sonore, surtout lorsqu’ils auront le désir de créer un modèle personnel ; car il va de soi qu’en reproduisant servilement le modèle d’un maître ancien, pour peu que l’on emploie à sa construction des matériaux indigènes, on pourra obtenir en quelque sorte une réplique qui, toute proportion gardée, présentera sinon la finesse, tout au moins les caractéristiques de l’original. N’est-ce point là toute la règle, tout le secret de fabrication du bon facteur moderne ?

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