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Scan 135
L'art du luthier, 1903
16 lines. Read by computer on 28 September 2026. Printed page 112. See the scan on archive.org.
1continuera au petit rabot et on finira au ratissoir arrondi en laissant une épaisseur uniforme de une ligne 8 dixièmes au bout large. L'évidement ne devra pas atteindre les bords latéraux qui conserveront la même épaisseur dans toute leur longueur.
3On fera bien aussi de donner un coup de gouge en forme de gouttière au centre de la touche et dans toute la longueur de la partie qui sera collée sur la poignée. Cette gouttière, à laquelle on pourra donner 4 lignes de largeur, allègera encore la touche, aura l'avantage de la mieux faire joindre et d'en faciliter le décollage plus tard s'il devenait nécessaire sans risquer de faire éclater le manche.
5LA FORME DES TOUCHES D'ALTO ET DE VIOLONCELLE
7Les touches d'alto et de violoncelle doivent présenter, dans leur section, une disposition de courbe particulière. Cette section n'affecte pas en effet, dans toute sa largeur, la forme d'un arc régulier, car on pratique un méplat sous la quatrième corde afin d'éviter un frisement désagréable qui se produirait lorsqu'on joue fort et qui serait provoqué par le frôlement de cette corde contre la touche.
9C'est à Bernard Romberg (1), le célèbre violoncelliste autrichien, qu'on doit l'idée première de ce dispositif. Ce musicien avait remarqué le ventre que produisent les vibrations des cordes basses, ventre d'autant plus accusé que les sons deviennent plus graves. Il avait donc imaginé vers 1820, de pratiquer dans la touche une sorte de gouttière dans laquelle la quatrième corde pouvait vibrer librement. J'ai vu, dans mon enfance, plusieurs basses munies de ces touches dites à la Romberg (2).
11Cette gouttière n'était pas facile à exécuter suivant le principe qui veut que, pour qu'une touche soit bien conçue et rende l'instrument facile à
13(1) La section du petit bout de la touche du violoncelle de B. Romberg était un arc d'une circonférence de 6 centimètres de rayon ; la section du gros bout était extrêmement irrégulière et procédait d'une série de courbes de différents diamètres. La courbe de son chevalet était l'arc d'une circonférence de 108 millimètres de rayon environ.
15(2) Romberg était certainement, après mon maître Vaslin, toutefois, l'artiste le plus maniaque de son temps. C'est ainsi qu'il changeait perpétuellement de place l'âme de son violoncelle et que, pour mieux surveiller cet inutile labeur, il avait fait percer un trou dans l'éclisse du bas de son Stradivarius. (Voir sa méthode publiée chez H. Lemoine).
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