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Scan 291

L'art du luthier, 1903

14 lines. Read by computer on 29 September 2026. Printed page 268. See the scan on archive.org.

1On a reproché d'autre part à la lutherie de n'avoir accompli aucun progrès depuis trois siècles. C'est à peine si on peut compter à son actif depuis ce temps quelques menus perfectionnements nécessités par l'exhaussement du diapason tonal, un allongement de la barre, un allongement du manche de deux lignes environ que Viotti a fait adopter pour le violon, il y a un siècle,… et c'est tout.
3Examinons de plus près la question de longueur des cordes à laquelle je viens de faire allusion. La chanterelle du violon (mi) va, comme première corde du quatuor, nous servir de point de départ. Pour produire cette note à l'orgue il faut un tuyau de 23 centimètres environ avec une pression d'air de 8 centimètres. La même note sur un piano d'Erard est donnée par une corde métallique de 25 centimètres de longueur et 87 centièmes de millimètres de diamètre, cet allongement permettant d'atteindre plus de tension et par suite un son plus brillant, puisqu'il est reconnu que le son d'une corde est d'autant plus beau que la tension de cette corde approche davantage de son point de rupture. La chanterelle du violon, qui est plus mince et plus légère, puisqu'elle est en boyau, paraît donc, avec ses 33 centimètres de longueur, se trouver dans des conditions rationnelles. La chanterelle de l'alto est également dans les mêmes conditions. Mais, si nous doublons la longueur de ces deux types pour constituer un quatuor normal, nous arrivons aussitôt à des proportions toutes différentes de celles qui sont généralement adoptées et qui nous donneraient un agrandissement considérable dans le grave.
5Les longueurs de cordes, d'après le grand modèle de Stradivarius, sont les suivantes : violon, 0m 33 ; alto, 0m 35.
7Logiquement, ces deux types, en se répétant à l'octave inférieure, devraient nous donner : ténor, 0m 66 ; violoncelle, 0m 70 ; contrebasse, 1 mètre 40.
9En réalité, nous sommes loin de ces mesures. En effet, la longueur des cordes du ténor, lorsqu'on se servait de cet instrument, était de 0m 47 ; celle du violoncelle est de 0m 68 et celle de la contrebasse de 1 mètre 13.
11Quelles sont les raisons qui peuvent justifier de semblables écarts entre les longueurs théoriques et les longueurs réelles ? Ces raisons apparaissent très nettement.
13Le raccourcissement du diapason dans les instruments graves a sa raison d'être dans la nécessité de pouvoir les jouer avec la main humaine sans intermédiaire. Qu'importe en effet au pianiste d'avoir des cordes longues et grosses à faire vibrer ? Les marteaux s'en chargent et la division de son clavier n'en est pas modifiée. De même l'organiste n'allonge pas

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