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Scan 22
La lutherie et les luthiers, 1889
8 lines. Read by computer on 30 September 2026. Printed page 6. See the scan on archive.org.
1Le violon n’est pas le fruit d’une conception unique, mais le résultat des efforts réunis de tous les faiseurs et joueurs d’instruments qui l’amènèrent à la perfection de forme actuelle, par des améliorations successives. Il est impossible de suivre dans ses détails la marche de ces progrès. Assurément on a remplacé une première fois les ouïes en forme de croissant ou de C par des S et des F. De même, on a changé le dessin arrondi des échancrures des vieilles à archet par les coins tout autrement dessinés du violon.
3La tête des anciens instruments, affectant la forme du trifolium, ou sculptée de diverses manières, passa d’un seul coup à la volute. On essaya une première fois de modifier le système des tables qui, entièrement plates dans les modèles primitifs, s’élèverent peu à peu pour former ces voûtes si favorables à l’émission du son. Au fur et à mesure de ces changements extérieurs, il fallait arriver à de nouvelles conditions dans la construction intérieure de l’instrument : contre-éclisses, barre, âme, coins, tasseaux, tout cela s’ajouta ou se modifia en conséquence ; mais les auteurs et les dates de ces diverses améliorations partielles sont inconnus et le seront probablement toujours.
5On a attribué l’invention du violon à certains luthiers italiens du xve ou du xviè siècle, et notamment à un nommé Testatore (il Vecchio), de Milan¹. Ce sont des suppositions sans aucune preuve à l’appui,
7¹. La Luthomonographie, par un amateur, p. 5. Ch. Jühel, Francfort-sur-le-Mein, 1856.
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