Bow & Bridge Violin and bow makers, as the old books printed them

Scan 298

La lutherie et les luthiers, 1889

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1et souvent d’un joli aspect; malheureusement, nos luthiers d’alors travaillaient sans principes bien arrêtés: c’est surtout dans les nombreux défauts d’épaisseur des tables et dans l’incertitude de la dimension et du dessin des patrons qu’il est facile de s’en apercevoir. Un autre inconvénient capital se produit dans toute la seconde moitié du xviiiie siècle: le vernis est devenu mauvais. On attribue à Louis Guersan, qui succéda à Boquay, l’introduction en France du vernis à l’alcool: c’était commettre la plus grave de toutes les erreurs. Ce vernis, qui offre l’avantage de sécher très vite, a l’inconvénient de paralyser les vibrations et de nuire à la sonorité; il était déjà usité en Italie par les luthiers de la décadence, lorsqu’on commença à s’en servir chez nous.
3Nous n’avons donc produit en France, pendant tout le xviiiie siècle, que des instruments de second ordre; et, jusqu’au moment où Nicolas Lupot vint s’établir à Paris, nous sommes restés dans un état d’infériorité trop réel. Mais lorsque ce dernier commença à travailler sérieusement, une sphère nouvelle s’ouvrit pour nous, et l’époque brillante de la lutherie française s’annonça pour aller grandissant jusqu’au moment actuel.
5Nicolas Lupot, né en 1758, mort en 1824, vint à Paris en 1798, et, pendant vingt-six ans, pas un instant ne fut perdu pour l’art. Travailleur assidu, un instrument ne sortait jamais de son atelier sans avoir été entièrement fait par lui. C’était un artiste dans toute l’acception du mot: il ne confiait à personne le soin du plus petit détail; aussi reconnaît-on à tout ce qui

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