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Scan 349
La lutherie et les luthiers, 1889
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1tion de ses aînés, et on peut dire qu’il s’en est acquitté à son honneur.
3Je ferai remarquer, avant d’aller plus loin, qu’une modification profonde s’était opérée dans le commerce de la lutherie depuis Lupot et Gand père; le petit établi sur lequel s’étaient polis tant de charmants instruments devenait insuffisant, il était indispensable de marcher avec le temps et de faire grand.
5Le développement incessant donné à l’exercice de la musique orchestrale nécessitait une telle quantité d’instruments neufs, que vingt existences comme celle du laborieux Lupot n’auraient pu suffire à faire face aux nouvelles exigences; il devenait donc indispensable pour le luthier de se débarrasser de toutes les parties purement manuelles du travail, en se réservant les soins que lui seul pouvait donner. Des ouvriers d’une habileté éprouvée débitent le bois, le façonnent sur des modèles spéciaux; chaque pièce est soumise au maître, vérifiée par lui; les épaisseurs sondées mathématiquement. L’instrument terminé est verni par le luthier lui-même, d’après ses procédés personnels.
7Cette manière de procéder n’est pas nouvelle; les grands maîtres italiens en usaient largement. Tous les connaisseurs constatent dans certaines parties d’œuvres signées par A. Stradivari une main étrangère à la sienne. Souvent la collaboration était indiquée sur l’étiquette par cette simple mention:
9Sub disciplina… in ejus officina. (Pl. xii.)
11Ce fut la voie dans laquelle entra la maison Gand et Bernardel frères.
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