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Scan 29
La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours d'après les archives locales, 1912
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1admirer à l’exposition centennale et rétrospective des instruments de musique, organisée avec notre concours à Paris en 1900. Cet instrument porte la date de 1561. C’est de là, il nous semble, que l’on peut établir le commencement de l’évolution italienne vers le violon, puisqu’il faut bien avouer que l’on ne peut considérer sincèrement Jean Kerlino, Breton d’origine, établi à Brescia vers 1450, que comme un faiseur de rebechs ou de vièles à archet.
3On peut plus sérieusement attribuer la véritable forme du violon à Paolo Maggini (1590 à 1640), de Brescia, quoique les formes de ses instruments soient encore un peu alourdies et de grandes proportions. Or, c’est vers la même époque que celle où André Amati exerçait son art, que Tywersus (1) et Nicolas Renault, de Nancy, sont désignés comme facteurs de violons. (La fille de ce dernier est marraine à Nancy, le 10 novembre 1611.) Il était élève de Tywersus, facteur de violons des ducs de Lorraine. Nicolas Renault, d’après certains auteurs, tels que Fétis, Jules Gallay, est allé à Paris, de 1566 à 1572, travailler avec deux des Médard et André Amati, pour construire les instruments de la chapelle de Charles IX, roi de France. Donc, l’école lorraine était contemporaine, égale au moins, pour la facture du violon, à l’école primordiale italienne, c’est-à-dire à celle d’André Amati. Il est ainsi évident que les maîtres de ces deux écoles avaient des rapports entre eux.
5Ceci posé, abordons la question de l’importance considérable, tant pour le nombre que pour le mérite artistique, de l’école lorraine, seule racine de notre école française.
7Notre travail présente un nombre de plus de mille luthiers, la plupart originaires de Mirecourt, les autres de Nancy. Les facteurs d’archet sont près d’une centaine, et ceux qui firent le commerce des violons dépassaient, à la fin du xviiiie siècle déjà, le chiffre de soixante-dix à Mirecourt.
9On demeure étonné que, dans une petite ville telle que Mirecourt, l’art de la lutherie, depuis plus de trois siècles, ait été cultivé, maintenu aussi profondément et d’une manière aussi
11(1) Les renseignements sur Tywersus ont été donnés par le célèbre luthier Nicolas Lupot.
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