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Scan 190
Les instruments à archet: les feseurs, les joueurs d'instruments, leur histoire sur le continent européen, vol. 1, 1876
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1en fait aujourd'hui et sur le commerce auquel elle donne lieu depuis le commencement de ce siècle. Notre but est purement historique, les questions commerciales étant tout à fait en dehors de notre sujet; mais elles y sont si intimement liées, que nous ne pouvons nous abstenir d'en dire quelques mots, pour être complets.
3On n'a guère commencé à apprécier les anciens instruments italiens en Europe que depuis le commencement de ce siècle. Les Corelli, Tartini, Pugnani, etc., s'en servaient à l'exclusion de tous autres; mais en France, en Allemagne, en Angleterre et partout ailleurs, on les connaissait à peine. Léopold Mozart, dans la préface de son École de Violon, parue en 1770¹, s'étend assez longuement sur les qualités requises pour former un bon instrument; il critique vivement les luthiers de son temps, qui sacrifient à l'amour du gain les soins indispensables à toute bonne facture. Il ne dit rien des Italiens! Les noms des Amati, Stradivari, Guarneri, ne se trouvent pas une seule fois sous sa plume; c'est à croire qu'il ignorait même leur existence!
5En France, nous voyons, à la fin du XVIIe siècle, les violes de jambe anglaises jouir d'un grand succès: « Il est vray (dit Rousseau dans son Traité de la Viole²) que les Anglois ont
71. 2e édition, 1770. Augsbourg, Jacob Lotter. « Das bedaurlichste ist dasz unsere heutigen Instrumentmacher sich bey Verfertigung ihrer Arbeit so gar wenig Mühe geben. Sie arbeiten heut zu Tage freilich meistentheils nur nach Brod. Und eines Theils sind sie auch nicht zu verdenken. Man verlangt gute Arbeit, und will wenig dafür bezahlen! » (Einleitung, § 5.) « Le plus regrettable est que nos feseurs d'instruments d'aujourd'hui se donnent trop peu de peine dans la confection de leur travail; ils travaillent la plupart du temps uniquement dans le but de gagner leur pain. Ils n'en sont pas seuls à blâmer! On demande du bon et on veut payer peu. » (Préface, § 5.)
82. Jean Rousseau, Traité de la Viole, Paris, 1687.
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