Scan 115
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1la moire et aux ondes d'un bois riche, incomparablement plus saillant que la toile, et environnées de leurs attributs distinctifs, la piété et la justice semblaient respirer sur l'érable, et soulever le vernis. Autour d'elles reflétaient avec grâce des fleurs de lis, des trophées, des couronnes, d'ingénieuses et immortelles devises qui rendaient le tableau plus pittoresque encore et lui prêtaient un nouveau lustre. Aussi curieux, et peut-être à plus juste titre que des rois, des amateurs aisés, également protecteurs des beaux-arts, voulaient avoir, pour parer leurs collections, des instruments de la même fabrique, qui, aux figures près, eussent au moins pour décors les armes de la France. Cette propriété n'était alors ni criminelle ni dangereuse, et l'on pouvait avoir du goût sans être digne de l'échafaud. Elle n'était pas non plus fort commune; car cette précieuse surcharge d'ornements luxueux étant un objet de commande, n'avait lieu que dans des circonstances particulières qui devaient être extrêmement rares.
3Des hommes tels que les Amati étaient trop jaloux de leur gloire pour la partager avec des artistes d'un autre talent que le leur; trop adroits et trop fiers pour distraire habituellement l'attention des musiciens par de semblables hors-d'œuvre, et aussi trop occupés de servir le pu-
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