Scan 128
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1notre musique du jour, ou pour d'autres raisons très-excellentes d'ailleurs, nous n'avions pas nous-mêmes diapasonné son modèle en allongeant son manche. Du reste, le parallélisme des filets est rigoureusement observé; les coins, les onglets, sont mâles sans afféterie et sans mignardise; et quand sa main nonagénaire commençait à trembler, elle n'en imprimait pas moins aux ouvrages de sa verte vieillesse le sceau marqué d'un très-grand caractère.
3Mais de quelle robe fraîche et neuve en ornerait-il la surface? Le vernis brun des Nicolas et Antoine Amati, le vernis jaune, foncé ou pâle, des Jérôme et des Stainer, sont les seuls bons; il les conservera. La teinte seule lui en déplaît; il la voudrait d'un beau rouge, plus suave à l'œil, plus ressortante, plus spiritueuse, plus légère; il la cherche dans son génie inventif; il la trouve et l'emploie. C'est de ce coloris éclatant qu'il a paré ses riches productions; ce coloris, le plus beau qui exista jamais, et dont le secret inappréhensible est allé se perdre dans le tombeau de ses élèves.
5Ainsi ce luthier par excellence, ce grand fabricateur, qui fut universel comme il est incomparable, qui n'eut jamais de modèle et eut dans la suite des âges très-peu d'imitateurs, si tant est qu'il en eut, est devenu lui-même le modèle de
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