Scan 144
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
4 lines. Read by computer on 30 September 2026. No printed page number was found. See the scan on archive.org.
1les défauts; qu’il vaut mieux être fidèle avec goût que baroque et barbare; employer trois semaines à finir un violon que le brocher en trois jours, et donner du bon Stradivarius que du mauvais soi-même. Il sait bien que cette exactitude, presque minutieuse, qui compasse tout avec lenteur, n’est pas le chemin le plus expéditif pour aller à la fortune; mais la gloire de servir l’art suffit à ses prétentions, et, du moins avec lui, cet unique moyen de l’obtenir aura toujours la préférence.
3Eh! plût à Dieu qu’au lieu de sacrifier à cette cupidité dévorante qui donne la ruine de l’art pour base à la fortune, on eût toujours eu le bon esprit de se modeler sur des chefs-d’œuvre! Aurait-on vu si souvent, verrait-on encore tous les jours, tant de charpentiers en violon, tant de soi-disants luthiers, accabler la société de leurs pitoyables ébauches, et tous ces dégoûtants croquis de leur lourd rabot venir insolemment se ranger dans nos concerts à côté des crémones, comme pour les faire rougir d’une pareille mésalliance? Si le choix et la façon des bois étaient comptés pour quelque chose, verrait-on tant de galefâtres contraindre des forêts d’arbres verts à alimenter leurs inépuisables fabriques? Verrait-on sortir par milliers des cavernes de leurs laboratoires des spectres de violon dont la forme hideuse blesse tous les regards, et qui, avec leur
The computer misreads some letters and numbers. Where a name matters to you, read the scan.