Scan 145
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1voix maigre et aigre, ont si fort besoin du tapage de nos cités et du grand air de nos rues, pour ne pas déchirer nos oreilles; ces violons malheureux qui, hérisrés de cordes menaçantes, et secoués avec autant de roideur que de nerf par des bras irascibles, ne figurent dignement que sous les ongles redoutables de nos ménétriers?
3Aussi pourquoi s'obstiner à ne faire que beaucoup, quand il ne s'agit que de bien faire? quelle inepte fureur de torturer avec le couperet et la hache des bois patients qui ne demandent pour respirer que l'action lente d'un léger rabot et la scrupuleuse précision du compas? Cès journalistiers ignorants ou cupides ne pourraient-ils donc vivre sans empoisonner le public? Que ne se jetaient-ils dans ces autres professions où le corps suffit et où le talent est la force? Tel sera toute sa vie un détestable luthier, qui, accoutumé au maniement de la bêche, serait devenu un parfait laboureur. Nous aimerions bien mieux devoir à nos semblables le pain qui nous nourrit, que d'avoir à nous venger de leur acharnement à corrompre nos arts, en prostituant au martyre de nos organes le plus beau comme le plus doux instrument de leurs charmes. De pareils charlatans seraient indignes de confiance, quand ils n'auraient contre eux que cette fécondité précoce qui n'enfanta jamais que des avortons ou
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