Scan 169
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1mal; il achève le moribond au lieu de le guérir, et le tue d'un seul coup, sous prétexte d'aider à sa convalescence. C'en est fait de l'instrument: concassé, émietté, pulvérisé sous ce terrible pressoir de plusieurs milliers pesant, et rompu dans le moule, comme sous le pilon d'un mortier, il est frappé de mort subite et perdu sans ressource; il ne reste à faire que sa nécrologie.
3Pour vous en convaincre, prenez un morceau de sapin assez épais pour résister à l'action compressive des mains qui s'efforcent de le faire éclater, posez-le à plat sur un établi, frappez-le au milieu d'un léger coup de marteau, et vous verrez qu'il se brisera dans vos doigts comme un fil. Si la secousse du marteau vous paraît matière à différence, employez précisément le procédé des remonteurs de tables; prenez un morceau de bois couvert d'un vernis très-tenace, placez-le, sous une pince vissée, entre deux contre-parties qui portent partout également; collez entre le côté peint et la seconde contre-partie une bande de papier imprimé ou écrit; puis serrez le tout au degré convenable; le vernis, l'encre et le papier, tout se trouve incrusté dans le bois aplati et dénaturé, qui, sans le moindre effort, et presque sans bruit, se brise dans vos mains. Jugez après cela si votre pauvre table, soumise à la même épreuve,
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