Scan 170
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1ne subirait pas le même sort. Tout est anéanti à la fois; le miroir du coloris, le fil et la moelle du sapin, la fraîcheur de la séve, l’air et le ressort du son qui, tardif et lugubre, ne vous semble plus moelleux et plus fini que parce qu’il est plus mol et qu’il tire à sa fin. C’est la lumière qui pâlit avant que de s’éteindre, que le moindre souffle va faire évanouir.
3Cependant, distinguons ici l’action des presses qui tuent d’avec la simple application de pièces additionnelles, qui quelquefois raniment et vivifient. Il pourrait se faire que de vieux instruments fussent tellement minces d’origine, ou à force d’avoir été tourmentés par la suite des âges, qu’ils ne pussent résister aux poids des cordes, sans une idée de doublure. Alors, mal pour mal, choisissez le moindre; doublez-les donc, puisqu’il le faut; mais le plus légèrement possible, et du moins ne les comprimez pas pour les amincir encore davantage; ne rasez pas la place trop au vif, et ne faites pas des copeaux avec l’original. La malheureuse pièce n’a pas besoin, pour tenir, d’être incrustée, ni encadrée; d’ailleurs, la colle interposée ne permettrait pas l’amalgame. Soulagez la nature, je vous y invite, mais gardez-vous de l’accabler; et ne coupez pas les jambes au paralytique qui ne vous demande que des béquilles.
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