Scan 68
Les luthiers italiens aux XVIIe et XVIIIe siècles, 1869
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1propriété. Cet espace intime du récipient est donc rempli par une masse d’air, que l’air extérieur, poussé par l’archet, force de bondir en dehors des ouïes, pour prendre sa place, en attendant qu’il soit chassé à son tour par la même cause qui a pressé son introduction. Cet air qui entre et sort avec un mouvement mesuré, et fait perpétuellement la navette, si l’on peut s’exprimer de la sorte, est l’élément unique et le véhicule de tous les sons. Plus le repoussoir est épais et dur, plus le bond de l’air est élastique et rapide; plus la table est mince, plus elle frémit sous les élans de l’air. La quantité d’air qui entre est à peu de chose près toujours la même, parce qu’elle est aux ordres de l’archet, comme l’archet est aux ordres de la main qui l’agite; mais celle qui sort est indépendante de l’un et de l’autre. L’aimant de l’archet et les doigts du musicien n’y peuvent rien changer. Elle est naturalisée par la construction de l’instrument, et modifiée par ses parois. C’est au luthier à répondre de son ouvrage. Il a dû disposer ses matériaux de manière à maîtriser le fluide, qui, sans les plus grandes précautions, le subjuguerait de toutes parts; l’analyser mathématiquement, le décomposer d’avance par pieds, pouces et lignes, en prendre juste ce qu’il en faut pour faire jouer convenablement la machine, faciliter ses
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